Les Consultations prénatales
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Première consultation
Autres consultations
Consultations du 8e et 9e mois
Consultation d’anesthésie
La grossesse n’est pas une maladie.
Les consultations prénatales ont un double objectif :
- S’assurer que la grossesse évolue de façon naturelle, ce qui est et restera la règle dans la majorité des cas;
- Rechercher la présence ou la survenue d’éléments anormaux susceptibles de transformer un état physiologique, ou un état pathologique, comportant des risques pour la mère et pour l’enfant.
Nous rappellerons ici le schéma de consultations optimales, en renvoyant, pour les détails, aux chapitres concernés.
SURVEILLANCE PRÉNATALE
Les objectifs de cette consultation sont de :
- Confirmer l’état de grossesse, et préciser la date de son début et donc le terme probable.
- Évaluer les facteurs de risque et connaître la patiente : environnement social, familial et professionnel.
À l’issue de cette première consultation, il convient de :
- Déclarer légalement la grossesse selon un formulaire remis à la patiente avec la prescription d’examens biologiques obligatoires.
- Établir un plan de surveillance avec, notamment, les rendez-vous des prochaines consultations et des examens échographiques.
- Formuler des conseils.
1. Confirmer l’état de grossesse
Facile : cas le plus fréquent ou plus difficile : voir la fiche pratique consacrée au diagnostic de la grossesse
2. Grossesse normale ou anormale ?
- La grossesse est le plus souvent normale (de 80 à 90 % des cas). Grossesse normale intra-utérine évolutive ;
- Savoir détecter une grossesse anormale ;
- grossesse intra-utérine non évolutive,
- grossesse multiple,
- grossesse môlaire,
- fibromyomatose utérine ou kyste ovarien associé,
- et surtout grossesse extra-utérine, laquelle réclame des mesures urgentes appropriées. Il faut y penser : douleurs pelviennes, saignements, antécédents de chirurgie tubaire ou de pathologie infectieuse, stérilet.
3. Déterminer le terme
4. Évaluer les facteurs de risque
L’évaluation doit être précoce, méthodique et conduire à demander un avis spécialisé.
4.1. Antécédents obstétricaux
Le maximum de précisions doit être obtenu.
Des documents précis tirés des dossiers antérieurs seront demandés, par exemple : date exacte de l’avortement spontané ou provoqué, de l’arrêt de grossesse, poids du fœtus, compte rendu anatomo-pathologique, autopsie, terme de l’accouchement en SA, poids de l’enfant, état néonatal précoce et tardif, déroulement de la grossesse (MAP) et de l’accouchement, modalité de l’extraction, compte rendu opératoire si césarienne, compte rendu d’hospitalisation.
Dans certaines affections, le risque de récidive existe, souvent au moment même où la précédente pathologie s’est produite.
En cas d’anomalie malformative de l’enfant, l’enquête génétique, si elle n’a pas été faite en période préconceptionnelle, est indispensable dès le début de la grossesse.
| Antécédents obstétricaux |
Risques potentiels |
Mesures à prendre |
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Avortement spontané
Avortement spontané itératif sup. 2
Avortement spontané tardif
Maladie abortive
Mort fœtale in utero
Accouchement prématuré
RCIU
Macrosomie
Malformation fœtale
Anomalie chromosomique
Maladie héréditaire génique
Allo-immunisation |
Récidive
Récidive
Récidive - AP
Récidive +++
Récidive
Récidive (x2 à 3)
Récidive
Récidive - Diabète
Récidive
Récidive
Récidive
Récidive |
Consultation spécialisée
Consultation spécialisée
Consultation spécialisée
Consultation spécialisée
Consultation spécialisée
Consultation spécialisée
Consultation spécialisée
Consultation spécialisée
Consultation spécialisée
Consultation spécialisée |
4.2. Antécédents gynécologiques
Les grossesses survenant après infécondité sont surveillées spécialement au premier trimestre.
| Facteurs gynécologiques |
Risques potentiels |
Mesures à prendre |
Antécédents infectieux pelviens, Port antérieur d’un DIU chez nullipare, Pathologie tubaire connue
Assistance médicale à la procréation (induction ovulation, IIU, FIV…)
Endométriose
Malformation utérine
Syndrome Distilbène
Fibromyomatose utérine |
GEU;
Grossesse multiple
GEU, RCIU
Avortement
Avortement
AP, avortement, RCIURCIU
AP, RCIU
hématome rétroplacentaire |
Consultation spécialisée.
Échographie vaginale
Consultation spécialisée
Consultation spécialisée
Consultation spécialisée
Consultation spécialisée |
4.3. Antécédents héréditaires
Ce sont essentiellement des facteurs maternels qui doivent être recherchés.
| Facteurs héréditaires |
Risques potentiels |
Mesures à prendre |
HTA, toxémie,
Syndromes vasculo-rénaux
Diabète
Pathologie malformative |
Hypertension,
Toxémie gravidique
Diabète gestationnel
Malformation à transmission héréditaire |
Consultation spécialiséeDiscuter aspirine
Consultation diabétologue
Conseil génétique |
4.4 Antécédents médicaux
Toutes les maladies préexistantes à la grossesse entraînent un risque d’aggravation de la morbidité périnatale. La surveillance doit être multidisciplinaire car le bon déroulement de la grossesse dépend souvent autant du traitement de la maladie que de la surveillance prénatale.
| Affections maternelles |
Risques potentiels |
Mesures à prendre |
Cardiopathie (rare)
Insuffisance respiratoire (rare)
Diabète
Syndrome vasculo-rénal
Pathologie voie urinaire
Lupus
Epilepsie
Traumatisme bassin colonne
Hépatite, VIH
Anémie |
RCIU, AP
RCIU
Aggravation, risques malformatifs, mort fœtale in utero, macrosomie, traumatisme fœtal.
Hypertension, toxémie, hématome rétroplacentaire, Hypertension, RCIU,
AP.
RCIU, AP, mort fœtale in utero
Aggravation, risque malformatif.
Traumatisme fœtal
Risque fœtal, néonatal
RCIU, AP |
Consultation cardiologue
Consultation anesthésiste
Consultation diabétologue
Consultation spécialisée, discussion : aspirine
Consultation spécialisée
Consultation neurologue, diagnostic prénatal
cf. consultation 8e mois
cf. consultation 8e mois
cf. consultation 8e mois |
4.5. Facteurs individuels et sociaux
Ils jouent un rôle important dans la genèse de l’accouchement prématuré ; certains sont connus, d’autres le sont moins car moins bien étudiés, notamment les facteurs psychologiques.
| Facteurs |
Risques potentiels |
Mesures à prendre |
Âge inférieur à 16 ans
Âge supérieur à 38 ans
Poids, maigreur
Obésité
Taille inférieure à 1,50 m
Drogues - tabac
Drogues illicites
Conditions socio-économiques défavorables, migrants…
Ou trop favorables, femmes professionnellement hyperactives…
Facteurs psychologiques |
AP
Aberration chromosomique,
AP,
malformation fœtale,
hypertension, toxémie,
morbidité périnatale augmentée.
AP, RCIU,
Diabète gestationnel,
macrosomie, toxémie
RCIU, rétrécissement pelvien
AP
RCIU
AP
RCIU
Idem
AP |
Consultation génétique
Conseil diététique
Cf. consultation 8e mois
Conseils
Établir relations avec les organismes sociaux |
5. L’examen clinique
L’examen général
Il est essentiel, notamment les impressions cliniques, sorte de coup d’œil du professionnel, évaluation de la taille, corpulence, poids antérieur à la grossesse, attitude physique.
L’examen obstétrical
La palpation est peu informative avant 8 SA. L’examen au spéculum est indispensable.
Le toucher vaginal permet d’affirmer la taille et la forme de l’utérus (conforme, bicorne) et de palper les culs-de-sac latéraux à la recherche d’une pathologie annexielle, mais aussi l’état du vagin (cloison).
6. Déclaration de grossesse
Celle-ci sera effectuée sur les fascicules adaptés, délivrés par les Caisses de Sécurité Sociale et des Allocations Familiales.
Seront précisées :
La date de la déclaration ;
La date présumée du début de grossesse.
7 Examens complémentaires
Biologiques.
Échographiques.
8. Plan de surveillance de la grossesse
À l’issue de cet interrogatoire et de ces examens, un plan de surveillance est établi en fonction du risque statistique ou individuel.
Des décisions urgentes ou appropriées (voir interruption volontaire de grossesse pour motif thérapeutique) peuvent être prises dans certaines situations particulières : risque génétique, risque tératogène, risque maternel immédiat (cardiopathie décompensée, diabète grave, hypertension artérielle chronique sévère, insuffisance rénale, patiente transplantée, cancer du sein, cancer du col).
Dans la plupart des cas, on laisse évoluer la grossesse en sollicitant l’avis de spécialistes qualifiés avant la déclaration de la grossesse.
Ajustement thérapeutique : dans certaines pathologies après concertation :
- diabète,
- syndromes vasculo-rénaux sévères ou antécédents : aspirine dès 14 SA,
- maladie des antiphospholipides : corticothérapie,
- maladie abortive : thérapeutique immunitaire,
- épilepsie,
- haut risque de maladie thrombo-embolique : discuter l’héparino-thérapie,
- dysfonctionnement thyroïdien : ajustement thérapeutique,
- antécédents d’avortement tardif : discuter un cerclage,
- maladies psychiatriques : un ajustement thérapeutique associé à la prise en charge psychologique des situations “délicates”,
- pathologie du col : ablation de polype important, traitement au laser de condylomes florides ou de lésions CIN 1 CIN 2, voire conisation pour CIN 3.
Heureusement, la grossesse est un processus physiologique et, dans 90 % des cas, il n’y a pas lieu d’envisager une stratégie de surveillance particulière en dehors des consultations réglementaires.
9. Conseils à la patiente
Tout est affaire de bon sens, tout excès est déconseillé. La grossesse n’est pas un long chemin, semé “d’interdits et de permis” alignés sur des listes où la recherche de l’exhaustivité confine au ridicule et aggrave la culpabilité de patientes trop scrupuleuses ou négligentes.
La suppression de l’alcool et surtout du tabac est impérative.
Nutrition, supplémentation.
Activités physiques, sports :
- il est souhaitable de garder une activité physique et les sportives ne cesseront pas brutalement toute activité. Il est important de se sentir bien dans son corps, les sports dangereux ou mécaniques ainsi que la compétition seront abolis ;
- les voyages et grands déplacements seront évités lors du dernier trimestre ;
- il faut utiliser au mieux le repos prénatal notamment par des siestes l’après-midi.
- les rapports sexuels sans excès ne comportent aucun danger.
Les médicaments:
- toute médication qui n’est pas formellement justifiée est à prohiber, notamment au premier trimestre de la grossesse.
Pas d’automédication.
Autres conseils :
- le lieu et l’équipe obstétricale responsable de l’accouchement seront précisés dès cette période pour répondre aux urgences liées aux événements pathologiques survenant en dehors des consultations prénatales ;
- le conseil téléphonique est un élément à ne pas négliger : cela rassure ;
- enfin, une “préparation” à l’accouchement avec l’équipe obstétricale est conseillée.
II. AUTRES CONSULTATIONS
Les objectifs sont de :
Vérifier la bonne évolutivité de la grossesse sur le plan clinique, biologique et échographique ;
Confirmer que “tout se passe bien” en formulant les conseils adaptés ;
Prendre des mesures nécessaires si une anomalie est révélée par la patiente ou lors de la consultation.
1. L’interrogatoire
Il est rare de devoir s’enquérir d’événements pathologiques survenus depuis la précédente consultation. Ceux-ci ont généralement fait l’objet d’appel ou de consultation supplémentaire : fièvre, éruption, écoulement abondant, prurit, signes urinaires, saignements ;
Les mouvements fœtaux sont perçus à partir de la 20e semaine ;
Une activité utérine spontanée devient plus perceptible à partir du 6e mois et s’intensifie jusqu’au terme (allant de 1 à 4 contractions au maximum par heure) ; un surmenage physique, l’anxiété, majorent cette perception.
2. L’examen clinique
La pesée
La prise de poids est portée sur une courbe en fonction du terme. Toute prise de poids rapide est considérée comme un signe d’alerte, en particulier vasculo-rénal.
Mesure de la hauteur utérine
La palpation abdominale
Le cœur fœtal
Le toucher vaginal
C’est un temps essentiel de l’examen, dans quelques pays d’Europe et notamment en France. Le toucher vaginal est considéré comme une aide pour dépister et confirmer une menace d’accouchement prématuré (MAP). Ce n’est pas le cas dans d’autres pays tels que les pays anglo-saxons, l’Espagne, l’Amérique latine.
La tension artérielle : l’idéal est de la mesurer tous les 15 jours à partir de 32 SA.
3. Surveillance clinique renforcée
En fonction des antécédents, des facteurs de risque évalués lors des premières consultations, de la survenue d’éléments anormaux révélés par la patiente, l’examinateur ou l’échographiste, la surveillance prénatale pourra être renforcée, selon un rythme de consultations et de modalités d’investigations propres à la pathologie révélée.
Cette surveillance sera évidemment d’autant plus étroite que l’on s’approche du terme. Citons les principales situations à risque :
Risque d’accouchement prématuré (RAP) ou menace (MAP).
Hypertension, RCIU dans les antécédents ou anomalies constatées cliniquement.
Diabète ou macrosomie fœtale.
Métrorragies.
Une fièvre.
Anomalie du volume utérin.
4. Les examens complémentaires
Biologiques.
Échographiques.
III. PARTICULARITÉS DE LA CONSULTATION DU 8e ET DU 9e MOIS
Ces consultations sont réalisées obligatoirement par l’équipe obstétricale qui prend en charge l’accouchement.
Leurs objectifs sont :
Établir un pronostic obstétrical de l’accouchement, mode de présentation, volume fœtal, évaluation du bassin, obstacle prævia.
Prévoir les modalités de l’accouchement : spontané, programmé, par voie basse ou césarienne.
1. Pronostic obstétrical - étude des possibilités d’accouchement
Hauteur utérine
Elle permet de se faire une idée du poids fœtal.
L’échographie pratiquée à 33 SA est aussi un élément d’appréciation.
Il est parfois utile de pratiquer une nouvelle échographie pour évaluer la biométrie.
Palpation de l’abdomen
Elle permet l’étude de la présentation :
- céphalique, le plus souvent avec position gauche ou droite du dos,
- mobile au-dessus du détroit supérieur,
- fixée lorsqu’on ne peut plus la mobiliser,
- engagée lorsqu’on ne perçoit plus l’occiput.
Toucher vaginal
Le toucher vaginal permet :
- de compléter l’étude de la présentation, siège ou céphalique,
- d’apprécier l’existence d’un segment inférieur et l’état du col plus ou moins “mûr” selon le degré de consistance (mou, souple ou rigide), sa longueur, son degré d’ouverture, sa position postérieure ou médiane, antérieure. Il ne faut pas pour cela “pénétrer” l’orifice interne : risque d’induire prématurément l’accouchement,
- d’évaluer le bassin : une femme de taille supérieure à 1,65 m et chaussant une pointure supérieure à 38 a 95 % de chances d’avoir un bassin normal. En cas de doute ou systématiquement (pour les sièges, transverse, utérus cicatriciel), une radiopelvimétrie (ou scanner) est demandée pour obtenir des mesures précises des différents diamètres du bassin.
- d’évaluer les parties molles, le périnée. Une vulve étroite, un périnée court et résistant, un diaphragme vaginal au tiers supérieur peuvent gêner la progression de la présentation et incitent à les noter sur le dossier de la patiente (péridurale conseillée, périnéotomie préventive).
- de confirmer l’absence d’obstacle prævia.
Au total, la voie basse est acceptée avec :
- un pronostic favorable, présentation céphalique engagée : risque faible de césarienne,
- un pronostic moins favorable :
. présentation haute et/ou bassin limite, disproportion céphalopelvienne, utérus cicatriciel : risque de césarienne plus élevé après épreuve du travail,
. siège avec radiopelvimétrie normale.
2. L’accouchement programmé
L’indication repose sur :
- des antécédents sévères, MFIU avant terme par exemple,
- une souffrance fœtale chronique qui se décompense,
- une affection maternelle mal contrôlée,
- un obstacle prævia ou placenta prævia,
- bassin chirurgical,
- utérus cicatriciel défavorable,
- certaines situations pathologiques d’ordre médico-social.
L’accouchement se fera par voie basse ou par césarienne en fonction de l’indication et des données obstétricales.
IV. CONSULTATION D’ANESTHESIE
Jean-Marc MASCARO
Le décret n° 94-1050 du 5 décembre 1994, publié au Journal Officiel du 8 décembre 1994, oblige à une consultation préanesthésique : “lorsqu’il s’agit d’une intervention programmée”, cette consultation ayant lieu “plusieurs jours avant l’intervention”.
Cette obligation s’applique-t-elle aux femmes enceintes ?
- certainement, si une intervention est programmée. C’est le cas des césariennes réglées,
- certainement encore si, pour une situation obstétricale donnée, l’anesthésie péridurale fait partie des bonnes pratiques actuelles : la grossesse multiple ou la présentation du siège en sont les exemples quotidiens.
Qu’en est-il de toutes les autres patientes pour lesquelles une analgésie obstétricale sera peut-être, ou probablement, envisagée lors du travail ?
Le décret ne prévoit pas ce cas de figure, mais il ne paraît pas raisonnable d’envisager une consultation systématique préanesthésique pour toute femme enceinte : en effet, les patientes à grossesse et présentation normales, sans pathologie associée, donc de classe ASA 1, tireront peu de profit d’une consultation préalable, sauf, bien sûr, si elles sont demandeuses d’une information plus précise sur la technique d’analgésie péridurale.
De plus, dans cette classe de patientes, une consultation à distance de l’accouchement ne mettra pas à l’abri d’une contre-indication de dernière minute : ainsi les parturientes fébriles et/ou thrombopéniques, même si aucun chiffre “limite” de température ou de plaquette ne fait l’unanimité, sont exposées au risque d’une contre-indication si le rapport bénéfice/risque de l’anesthésie péridurale penche en défaveur de la patiente.
Enfin, indépendamment du coût d’une généralisation de la consultation, rappelons que ce décret, tant attendu, pose un problème immédiat de locaux. En effet, les structures actuelles, tant publiques que privées, ne permettent pas d’absorber l’afflux de consultations liées à la chirurgie réglée.
Toutes ces raisons, médicales ou structurelles, militent en faveur d’une indication raisonnée de la consultation préanesthésique en obstétrique. Ce disant, il ne s’agit pas de contourner la loi, mais d’en appliquer l’esprit.
V. CONSULTATION DE PÉDIATRIE (VUE PAR L’OBSTÉTRICIEN)
S’il est indispensable que le nouveau-né soit vu par le pédiatre plus ou moins tôt après la naissance, au cours de la grossesse normale, une consultation de pédiatrie apparaît superflue.
La consultation du pédiatre pendant la grossesse n’est pas réglementée, mais elle relève du bon sens et de l’état d’esprit périnatal. Leur avis est intéressant non seulement en cas de pathologies avérées créant un risque périnatal, mais aussi pour améliorer la performance de l’accueil à la naissance du nouveau-né. Leur place sera précisée en maternité et en salle de naissance dans les décrets qui réglementeront l’organisation des maternités dans le futur.
Actuellement, il est raisonnable de demander un avis pédiatrique dans les situations suivantes (non exhaustives) :
Risque d’AP, surtout avant 33 SA : le transfert maternel permet à la mère d’être en rapport avec l’équipe de néonatalogie avant la naissance, d’où une prise en charge non seulement médicale améliorée mais aussi psychologique ;
Naissance programmée avant terme (surtout grossesse multiple) ;
Nouveau-né à terme nécessitant une surveillance particulière (mère diabétique, épileptique, droguée, alcoolique ou ayant un traitement chronique pouvant retentir sur le nouveau-né, mère VIH positive, suspicion de RCIU) ;
Nouveau-né porteur d’une pathologie malformative, suspect ou atteint d’une fœtopathie.
L’opportunité et le moment de l’extraction doivent en effet être discutés en équipe afin de réaliser le meilleur accueil néonatal possible, même si la décision et les modalités de l’extraction sont conditionnées par le contexte obstétrical.
Ainsi, l’équipe périnatale de base comporte obstétriciens et sages-femmes, anesthésistes, pédiatres.